Marie-Hélène Dasté

« Maiène, notre porteur d’esprit, et présidente des Émerveillés ! » J-L. Barrault

Marie-Hélène Dasté à 25 ans

Marie –Hélène Dasté, dite Maiène  (Lyngby, Danemark 1902, Beaune 1994)  .

Actrice , metteur en scène et costumière de théâtre et de cinéma.

Fille aînée de Copeau, elle est vouée par son père au théâtre dès l’âge de douze ans ; elle suit les cours de gymnastique rythmique méthode Jacques-Dalcroze, en 1913-1914.

Avec sa famille, elle accompagne son père à New-York, lors de la période américaine du Vieux-Colombier. Pour garder trace de l’invention et de l’imaginaire des trois enfants Copeau au Limon, si proche de ce que  Jacques Copeau recherche avec ses comédiens, elle écrit et dessine «Histoires de nos jeux».

De retour à Paris, elle s’inscrit à l’école du Vieux-Colombier de 1920 à 1923, c’est là qu’elle rencontre Jean Dasté qui deviendra plus tard son époux. La dernière année elle est promue « Chef d’atelier », et c’est tout naturellement qu’elle suivra son père au Château de Morteuil, puis à Pernand-Vergelesses, afin de participer à l’expérience bourguignonne des Copiaus (1924-1929).

En 1931-1932 au sein de la Compagnie des Quinze (dont elle sera aussi la costumière) sous la direction de Michel Saint-Denis, elle tient le rôle principal dans le Viol de Lucrèce d’André Obey.

Elle tient également des rôles importants chez Charles Dullin, Louis Jouvet, et Gaston Baty, puis à partir de 1946, dans la compagnie que viennent de former Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, elle y joue et, toujours, dessine, conçoit et fabrique des costumes (pour Le livre de Christophe Colomb de Claudel, pour La Soirée des proverbes, et Histoire de Vasco de Schehadé.)

Epouse de Jean Dasté, elle le suit à la Comédie de Saint-Etienne, où elle assure la mise en scène de deux nôs modernes, Ce que murmure la rivière Sumida, et trois ans plus tard Kagekyo le Furibond (elle en fait également les masques), nôs de Seami Motokyo, adaptés par Suzanne Bing. Le second nô, Kagekyo le Furibond, fut interprété, entre autres, par Jean Dasté et sa fille Catherine Dasté, alors âgée de vingt ans.

Auteur de nombreux costumes, elle imagine, par esprit d’invention, comme par souci d’économie, des ensembles transformables munis de fermetures éclair qui servirent dans de nombreux spectacles et contribuèrent à donner un style particulier aux représentations. Classique de goût, elle est une partisane de formes simples et expressives au symbolisme aisément interprétable (celui des couleurs notamment).

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Séparée de Jean Dasté, elle est revenue jouer dans la Compagnie Renaud-Barrault.

Au soir de sa vie, elle s’est installée dans la Maison Copeau à Pernand-Vergelesses, où loin de vivre une paisible retraite, elle crée l’Association des amis de Jacques Copeau, et en compagnie de sa cousine Suzanne Maistre (à l’infaillible mémoire), elles se lancent toutes deux dans l’énorme entreprise des Registres (avec le soutien de Norman Paul), afin de réunir les écrits de son père, de les publier (ce qui n’avait était fait que très partiellement) pour faire connaître sa pensée et quel homme il était réellement.

La création de ce site sur Jaques Copeau se place dans la continuité de cette farouche volonté de Marie-Hélène Dasté, surnomée « Kone » par sa famille (femme en danois), notre Maiène. Il est un hommage à cette très grande dame du théâtre.

Pour clore ce portrait voici ces quelques mots de Catherine Dasté, qui définissent merveilleusement ce que fut Marie-Hélène Dasté : «Plus que la comédienne qui impressionnait par sa beauté, par l’intensité de sa présence, plus que la créatrice de centaines de costumes, elle a été un témoin, parfois un conseiller écouté auprès de Dullin, de Louis Jouvet, de Gaston Baty, de Jean-Louis Barrault, de Jean Dasté, veilleur infatigable, curieuse de la vie, compagnon de route passionné, toujours fidèle à l’idéal intransigeant de son père, le semeur de graines…                     «Maiène, notre porteur d’esprit, et présidente des Émerveillés ! », disait d’elle Jean-Louis Barrault.»